"La littérature est un fleuve. A sa source, se trouvent les livres qu'a aimés un enfant." Geneviève Brisac
Affichage des articles dont le libellé est sommeil. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sommeil. Afficher tous les articles

mercredi 6 juin 2012

Papa passionnément !

Après les mamans, c'est au tour des papas d'être mis à l'honneur. A quelques jours de la fête des pères, alors quel papa êtes -vous ?


Papa poule ou papa migrateur ?

Dans le Nid de Zidrou et David Merveille, "c'est la fin de la journée, un petit garçon attend son papa dans la cour de l'école. Mais alors que les autres parents viennent à pied ou en voiture, c'est du ciel que le sien arrive ! Et c'est sous son aile qu'il chemine avec lui jusqu'à la maison ..."




Un nid douillet niché au coeur d'un arbre touffu, au centre de la ville. Papa joue avec son fiston et lui prépare à souper. Quand maman et son petit frère arrivent enfin, c'est la magie des retrouvailles et le bonheur d'être tous réunis. Peu importe les cauchemars, rassuré par son père et couvé par l'amour parental, l'enfant se rendort paisiblement. Et parce qu'il faut apprendre à devenir grand pour prendre son envol, c'est avec plaisir que le petit garçon prend à nouveau le chemin de l'école, le lendemain matin, sous l'aile de son papa ...



A l'aide d'un texte extrêmement épuré, Zidrou fait le portrait doux et tendre d'une famille heureuse, à travers les moments clefs du quotidien parfaitement identifiés par un enfant. Le rythme est lent et posé, nous présentant chaque petit moment comme un moment de partage et d'amour dont on peut profiter.

David Merveille donnent aux parents des ailes au propre comme au figuré...De grandes ailes, duveuteuses et souples qui enveloppent, sécurisent ...de grandes ailes, garantes de l'harmonie du cocoon familial.
Un magnifique petit album qui a littéralement fasciné notre petit garçon de 3 ans ...













"Les papas migrateurs sont de drôles d'oiseaux. Ce petit garçon-là en sait quelque chose, lui dont le papa est si souvent absent. Alors entre deux escales de son migrateur bien-aimé, il enfile ses mini-ailes et joue, lui aussi, à partir en attendant de devenir grand."
Avec Mon papa migrateur de Thomas Scotto et d'Elodie Nouhen, un petit garçon nous parle de son papa qui voyage beaucoup. Il nous parle de ses absences, des ses retours et surtout de l'amour indefectible qui les lie.
Le texte de Thomas Scotto est émouvant, emprunt de poésie. Aucun reproche ici, nous devinons seulement le manque, la tendresse de ce petit garçon pour ce papa qui fait le matin très tôt des "bisous à bientôt".


Quant aux illustrations d'Elodie Nouhen, elles sont pleines de douceur, alternant des couleurs chaleureuses avec des couleurs plus sombres, pour mieux retranscrire l'Amour et le manque qui animent tour à tour l'enfant.



Le petit prince n'est pas loin , tant dans la blondeur, que dans le questionnement et la naïveté de ce petit garçon ...une magnique déclaration d'amour pour tous les papas.







Papa rassurant ou papa exaspérant ?

Dans Tous les soirs du monde de Dominique Demers et Nicolas Debon, "C'est l'heure d'aller se coucher". Quand ces mots retentissent, tous les enfants savent ce que cela veut dire : il faut se brosser les dents, aller au lit et affronter le monde des ombres de la nuit.
Simon, lui, fait sa toilette, monte l'escalier, se glisse dans son lit et crie : "Paaapaaa !!!"



Tous les soirs du monde, c'est pareil. Le papa de Simon se prépare à endormir la planète. Il remonte donc la couverture jusqu'aux pieds de son fils en prononçant la formule magique destinée à endormir les animaux de la savane. Quand la couverture se pose sur les genoux de Simon, il a endormi les habitants des fonds marins...Petit à petit, les mains remontent jusqu'à la tête du petit garçon, qui a déjà fermé les yeux ... pour mieux voir le monde .

Guidé par son papa, il traverse les continents, le ciel, les océans pour s'assurer que tous les êtres vivants vont dormir, eux aussi. Son père termine en faisant disparaître les créatures maléfiques et en réveillant le monde des fées afin d'assurer de beaux rêves à son enfant.




Pour Simon, la plongée dans le monde du sommeil se fait donc toujours en douceur, grâce au rituel poétique, rassurant, grâce à ce moment d'intimité et de tendresse qui le lient à son papa.
Un très beau texte qui nous emmène loin, très loin ...Quant aux illustrations, magiques, elles alternent des représentations de la réalité, sages, un peu figées, aux tons doux, orangés et des représentations de l'imaginaire à travers de grands tourbillons entrainant les animaux dans les mystères de la nuit et utilisant des couleurs lumineuses, éclatantes.

Une magnifique invitation au rêve, à partager avec son Papa, à l'heure du coucher.















Comme elles sont rassurantes, les mains de Papa d'Emile Jaloul. "Ce sont elles qui sentent bouger bébé dans le ventre de maman. Qui peuvent bercer son petit corps tout entier et rattraper le petit enfant qu'il devient, en bas du toboggan. un seul des grands doigts de Papa suffit pour le guider. Jusqu'au jour où le petit n'en a plus besoin sauf pour les câlins !"



C'est un petit trésor que ce bel album aux pages cartonnées, que les petites mains prendront plaisir à tourner. Ce livre met au centre cet adorable bambin qui grandit, heureux, protégé par les grandes mains enveloppantes de son papa.

Dans ce livre presque sans texte, les onomatopées accompagnent l'image évocatrices de scènes quotidiennes "toc,toc, toc", "Mmm", "Clip clop"...guidant l'enfant pas à pas.



Les images rondes et remplies de tendresse mettent en valeur la complicité entre ce papa et son fils, sans pour autant en exclure la maman et en faisant passer l'émotion en toute simplicité.








Mon papa, il est grand, il est fort, mais ... de Coralie Saudo et Kris Di Giacomo.
...Tous les soirs, c'est la même histoire. Il faut être gentil avec lui, sinon il ne veut pas aller au lit, on essaie alors la fermeté, mais très souvent, ce n'est pas suffisant ... Et là, ça se complique : D'abord, il se met à courrir partout. Il n'y a qu'une histoire qui en vient à bout ! Le problème, c'est que terminée, il en veut une deuxième; et pourquoi pas trois, non plus ...Il ne faut pas exagérer, cela doit bien s'arrêter !
Il se laisse enfin border, suivent alors les supplications, les simagrées, les bouderies sous les draps et pour finir les négociations interminables pour laisser la lumière dans le couloir.



Un cérémoniel épuisant que tous les parents connaissent bien; sauf qu'ici, ce n'est pas un enfant qui a du mal à se coucher mais bien son papa ! Un papa "grand et fort" mais ...qui a peur du noir ! C'est donc son fils qui peine. Et ce n'est pas drôle du tout pour le fiston qui aimerait bien aller au lit "mais si je file me coucher, il arrivera tout doucement en disant "Fiston, je peux dormir avec toi ? " Et là, pour le recoucher, ce sera mission impossible !"

Lorsqu'un papa écume personnellement tous les stratégèmes habituellement inventés par l'enfant pour ne pas se coucher, l'histoire devient hilarante, desarmant n'importe quel petit garnement.
Les illustrations de Kris Di Giacomo, entre crayonnés et collages, traits naïfs et expressifs adoptent des tons doux et tendres (propices au sommeil qui sait ?).
Parents et enfants riront beaucoup de cette parodie joliment amenée qui fera peut être comprendre aux enfants ce que c'est que d'être un papa, le soir à l'heure du coucher ...








Apprenti Papa ou Papa aguerri ?

Le grand papa et sa toute petite fille de Cathy Hors et Samuel Ribon.

"Il était une fois un très grand monsieur qui rêvait d'être papa. Il aurait un garçon ou une fille, un grand petit garçon ou une grande petite fille. Il lui montrerait un tas de choses très amusantes, la tête dans les nuages. Et un jour, le très grand papa eut une fille, une toute petite fille ..."





Comment faire pour se (re)trouver, lorsqu'on est si différent ? Décontenancé, ce nouveau papa tente tout de même de partager des moments forts avec sa minuscule petite fille. Seulement, les expériences qu'il lui propose ne sont pas adaptées : la petite fille, en se promenant sur les épaules de son père, a le vertige; elle est griffée par une branche, à moitié assommée par une pomme et se prend même les cheveux dans les nuages ...







Desamparé, le papa ne sait plus comment s'y prendre. Heureusement, sa petite fille a beaucoup de très bonnes idées qui vont leur permettre de partager des moments précieux ensemble. Ce très bel album parle des étapes que traversent un papa : la différence entre l'enfant réel et l'enfant imaginaire, ses questionnements, sa maladresse, son Amour, l'attachement réciproque, sa protection,...



Ce très bel album parle des étapes que traversent un papa : la différence entre l'enfant réel et l'enfant imaginaire, ses questionnements, sa maladresse, son Amour, l'attachement réciproque, sa protection,...
Quant aux illustrations sensibles et "ouatées", aux couleurs pastel, elles enveloppent ce papa et son enfant d'une grande tendresse et d'une certaine sérénité, malgré la maladresse de l'un et la fragilité de l'autre.
L'univers onirique et délicat de Samuel Rybon prend des allures de Paradis.









Dans L'amour qu'on porte de Jo Hoestlandt et Carmen Segovia, un adulte se souvient des longues promenades qu'il faisait, enfant, le dimanche avec son père. L'absence du père pendant la semaine rendait particulièrement précieux chaque instant de ce tête-à-tête tant espéré.


"Les autres jours, il n'était pas là. Mais le dimanche, si. Et nous allions nous promener là où ma mère ne m'emmenait jamais ..." Ainsi débute le récit de cet enfant narrateur qui nous conte les différentes promenades faites avec son père au cours de sa vie, lors d'étapes essentielles : l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte. la promenade en forêt se fait métaphore de la relation entre un père et son fils, aux différents âges de la vie.

"J'aimais ces longues marches avec mon père. mais très vite, je trébuchais, je pleurnichais. Alors mon père se baissait vers moi, et avec un beau sourire, il m'installait à califourchon sur ses épaules, pour que l'on puisse, tous les deux, continuer le chemin." Et quand l'enfant demandait à son père s'il n'était pas trop lourd, celui-ci le rassurait toujours :"Ce qu'on porte avec amour, n'est jamais trop lourd"
Le temps passe, le petit garçon grandit. Jeune adulte, il part et connait l'amour éphémère d'une jeune fille, première note de déception relative à l'amour. Un jour, il décide de refaire la traditionnelle promenade avec son papa. Les choses ont quelque peu changé : le temps a passé, des usines ont poussé à l'horizon et ...les rôles se sont inversés. Au tour du père de se faire couvrir chaudement avant de sortir, de mettre ses pas dans les pas de géant de son fils, de se fatiguer, de trébucher ...au tour du fils de le prendre sur ses épaules...


Il aura suffi à Jo Hoestlandt et Carmen Segovia une vingtaine de pages, traitées à la manière d'un album souvenir, aux illustrations simples, sobres et symboliques et au texte poétique s'adressant à nos émotions, pour nous dépeindre, à travers une histoire universelle (qui ne nomme ses personnages, ni ne désigne ses lieux), ce qu'est l'amour filial; cette petite tâche rouge tenace qui perdure, immuable malgré le temps qui passe. Ce sentiment qui se transmet au fil des générations, qui se doit d'être réciproque et demeure indispensable à tout être humain.












Dans Mon papa est comme ci de Sandrine Beau et Soufie, l'époque a changé, les pères à attaché-case, quasi-étrangers à la vie familiale, se sont transformés en papas de proximité. Pourtant , certains clichés restent tenances. Alors, un vrai papa, c'est comment ?



Deux petits garçons en débattent. Quand l'un d'eux annonce que son papa fait des gâteaux, pour l'autre enfant, c'est certain, il est forcément pâtissier ! Quand le premier poursuit en racontant que son papa reste à la maison, change les couches et fait le ménage ...aucun doute possible, il est au chômage ou "ta maman l'a divorcé !" ...






Dans ce bel album à la couverture molletonnée et aux pages glacées, Sandrine Beau se joue, à l'aide de mots d'enfants, de tous les préjugés, avec simplicité et humour.
Quant aux illustrations de Soufie, aux couleurs pastel et tendres et aux rondeurs enfantines, elles finissent de rendre ce petit album irrésistible.
A mettre d'urgence entre toutes les mains (petites et grandes) !!!










Papa des villes ou papa des champs ?

Dans Mon père, c'est le plus fort, un album écrit et illustré à 4 mains : le loup des villes alias Frédéric Kessler rencontre son cousin le loup des bois, alias Edouard Manceau.



Les deux cousins que tout sépare, sont accompagnés de leurs rejetons, copies conformes de leur père respectif. La rencontre se promet donc d'être explosive !



Les deux "adultes" se lancent en effet dans une joute verbale, où chacun se vante d'être le plus beau, le plus fort, le plus intelligent sans omettre de traiter l'autre de tous les noms d'oiseaux. On apprécie la référence aux différents contes traditionnels tels que les 3 petits cochons, les 7 biquets,... dans la narration de leurs exploits.

Chez les enfants qui vouent une admiration sans faille à leur père, le ton monte également jusqu'à en venir aux pattes ! Les papas penauds se rendent compte du mauvais exemple qu'ils ont pu être pour leur progéniture et font alliance pour rattraper les choses.



La suite est toute aussi délicieuse. Un album drôle à savourer en famille et qui montre aux plus jeunes que le comportement des adultes est loin d'être toujours exemplaire; que parfois eux aussi se laissent déborder par des sentiments tels que la colère ou l'orgueil, mais que l'apaisement, le dialogue et la colaboration restent possibles et ouvrent des horizons souvent bien plus savoureux !









Papa solo ou en couple ?



Le papa qui avait 10 enfants de Bénédicte Guettier est un papa mal rasé, débordé (qui ne le serait pas) et surtout débordant d'amour !
Il s'occupe seul et sans relâche de ses 10 bébés, les prépare le matin (10 petits déjeuners, 10 petites chemises, 20 petites chaussettes, 20 petites chaussures, ...), les emmène à l'école, va travailler, les récupère le soir, les baigne, leur prépare à dîner et les met au lit, non sans avoir pris le temps de leur lire une histoire .






Ce papa a quand même un rêve bien à lui. La nuit, il se construit un bateau. Le bateau prêt, il confie ses 10 bambins à leur grand-mère et embarque en solitaire, pour 10 mois de répit ... Mais le voyage ne durera que 10 jours. 10 jours au bout desquels, il se languit de ses 10 amours et fait vite demi-tour. Vivre avec eux est peut être harassant mais en être séparé est insupportable.
A l'image des illustrations, l'histoire est simple : pas de jugement, mais simplement l'amour d'un père pour ses enfants.








Marius de Latifa Alaoui M et Stéphane Poulin relate avec simplicité le regard enfantin d'un petit garçon de cinq ans sur sa nouvelle vie après le divorce de ses parents. "Maintenant maman a un amoureux et mon papa aussi."



Pas facile de parler d'homoparentalité à un public si jeune. Pourtant Latifa Alaoui s'en sort ici à merveille. Elle aborde le sujet à travers la vision et les expressions d'un enfant ce qui apporte légereté et humour au propos.
"L'amoureux de maman n'aime pas qu'on lui coupe la parole et l'amoureux de papa rouspète quand je parle en même temps que le monsieur de la télévision."

Cet album ne présente pas une vision idéalisée ou naïve de l'homoparentalité. Marius est un petit garçon comme les autres, il ne souffre pas de cette nouvelle union. Il est juste confronté à l'incompréhension de sa grand-mère par exemple à qui il expliquera que "deux garçons ensemble c'est pas "mal""; ou encore à la surprise de la maîtresse, auprès de qui c'est sa maman qui clarifiera les choses, mettant en lumière la solidarité des deux couples autour de la reconstruction de Marius après la séparation des ses parents.


Le discours n'est donc pas "c'est génial d'avoir un père homosexuel" mais plus "ce n'est pas une catastrophe ou une honte". Le seul militantisme de cet album serait donc un militantisme contre l'intolérance.


Quant aux illustrations un brin rétro de Stéphane Poulin, elles s'inscrivent dans l'univers enfantin de l'imagination et du jeu. Elles nous rappelent ainsi que Marius est avant tout un petit garçon qui aime les pirates et les voitures télécommandées.
Un bel album à mettre entre toutes les mains.







Dans l'apprentissage amoureux, Laetitia Bourget et Emmanuelle Houdard avaient pris le parti de prolonger la conclusion des contes traditionnels "...ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.", par une série de questions sur les difficultés que soulève une relation toute amoureuse soit-elle.

Dans Les heureux parents, la sublime princesse et le prince vaillant n'ont pas encore eu beaucoup d'enfants, ils attendent "juste" le premier ... Que de joies, de doutes et de questionnements les attendent dans cette aventure ...




Par les illustrations hautes en couleur (vêtements tantôt scandinaves, tantôt asiatiaques, personnages de profil à la manière des égyptiens, pomme d'Adam et Eve ou de blanche-neige, hamburgers et tire-lait tout ce qu'il y a de plus moderne...), ils sont de tous les pays, de toutes les époques.

Par leurs préoccupations, ce sont, Nous, parents ordinaires, qui découvront les (des)agréments de la vie de famille depuis la grossesse jusqu'au départ des enfants devenus grands.


Quand la princesse habitée, la peau du ventre tendue, ne se reconnait plus, et se voit affublée par l'illustrartice d'une queue de baleine ou de sirène ...
Quand leur manque de sommeil creusait leurs yeux fatigués...lovés dans un lit en forme de coeur.



Quand les couches pleines s'amassaient à n'en plus finir, ...



Quand le prince se sentait exclu alors que la princesse était toute entière absorbée par ce petit être.



L'une des forces de cet album est la façon dont s'articule à merveille le texte ancré dans le quotidien (scandant chaque épisode de la vie à l'aide d'une phrase de structure répétitive) avec les illustrations fantasmagoriques fourmillant de détails dont les plus grands profiteront certainement plus encore.


Un album sans concession, d'une grande sensibilité, débordant de tendresse et d'amour que l'on referme en se disant que c'est quand même un sacré bonheur que d'être parents !

























vendredi 9 mars 2012

Des oiseaux livres comme l'air ...


Symboles de liberté, d’indépendance, symboles de l’âme, de l’imagination, les oiseaux peuplent les albums jeunesse pour le plus grand plaisir de nos enfants. Ils s’envolent avec eux, sur les ailes de leurs livres préférés, comme Nils Holgersson sur les ailes de son jars…
Un peu avant la fin du Merveilleux Voyage de Nils Holgersson, vous vous souvenez ? « Maman ! Papa ! Je suis grand ! Je suis de nouveau un homme ! »

Albums ayant les oiseaux pour thème principal :


Commençons par  Le Roi des Oiseaux d’un auteur au nom prédisposé Gwendal Le Bec

                                      Auteur : Gwendal Le Bec; Editeur : Albin Michel jeunesse; album dès 6 ans

" Un jour (pour une raison que je ne connais pas), les oiseaux décidèrent de se choisir un roi. Afin de le désigner, ils organisèrent une grande course. Celui qui volerait le plus près du soleil deviendrait Le Roi des Oiseaux ..." 




Reprenant en partie le conte des frères Grimm, Gwendal Le Bec questionne à travers cette véritable épopée aviaire l’ambition, l’effort, la ruse …
Mais plus encore que l’histoire, on aime se perdre et rêver au milieu des rouge-gorges, des flamants roses, des chouettes, des hérons, des huppes, des merles, des macareux, des bruants zizis, des calaos, des marabouts, des colibris, des cacatoès,...








L'ensemble est représenté à l'aide d'un très beau graphisme épuré et particulièrement soigné à l'encre rehaussé par une seule couleur : celle du soleil.
Ma petite fille passe des heures à y chercher les oiseaux qu'elle connaît et à essayer d'identifier les autres. Mais au fait, vous l'avez deviné, le roi des oiseaux, c'est le Roi..... !






Restons dans les albums aux couleurs minimalistes, avec le splendide Diapason de Laetitia Devernay, un album sans texte, véritable ode à la nature et à la musique.

                                     Auteur : Laetitia Duvernay; Editeur : Joie de Lire ; 2010; album dès 3 ans

Un chef d’orchestre en queue de pie  se promène dans la nature, monte en haut d’un arbre, se met en condition et … réveille cette nature qui semble endormie. A l’écoute de sa baguette, les oiseaux s’envolent et se mettent à décrire des courbes rythmées par l’homme. La musique devient de plus en plus pénétrante, puis se radoucit et tout reprend sa place, petit à petit...


Ce livre se déploie comme les ailes d’un oiseau, au propre comme au figuré puisqu’il s’ouvre comme un accordéon. Les illustrations donnent magnifiquement forme à ce monde onirique où tous vivent en symbiose : les feuilles dessinent des ailes, les oiseaux représentent le feuillage des arbres et leur vol symbolise la musique qui évolue au bout de la baguette en bois de l’homme …
A découvrir avec une musique qui vous est chère ou sans, car elle s’impose d’elle-même.









Dans Oxiseau de Bernadette Gervais et Francesco Pittau, « Les volatiles  sont à l’honneur : des volets en plumes ou en forme d’œufs, un méli-mélo de becs, de plumes, et de pattes… À chaque double page, on joue à deviner le nom d’un oiseau à partir d’indices graphiques tels que la silhouette, l’œuf, ou le plumage… sans oublier les oiseaux de nuit cachés derrière de grands volets noirs. »
Auteur : Francesco Pittau; Illustratrice : Bernadette Gervais; Editeur: Les Grandes Personnes; 2010; Album dès 6 ans

Un album qu'on peut penser à visée « documentaire » et qui n’en est pas moins superbement artistique et extrêmement ludique…Désormais publié aux éditions Les grandes personnes, c’est un livre pour adultes déguisé en livre pour enfants ; à moins que ce ne soit le contraire …Bref un album grand format difficilement classable mais très efficace.












Dans Mon cygne argenté de Mickaël Morpurgo, c’est l’enfant le narrateur.  « Un cygne s’est posé sur mon lac, une nuit, un cygne argenté … ». Au fil des saisons, il observe avec fascination cette magnifique femelle cygne, dont il devient peu à peu complice. Mais un jour, c’est le drame.

Auteur : Michael Morpurgo; Illustrateur : Christian Birmingham;Editeur : Kaléidoscope; 2000
 Un très beau texte en hommage au cycle de la vie, vu par un enfant. Ce dernier est partagé entre ses sentiments et sa perception raisonnée du monde animal. Christian Burningham signe ici de très belles illustrations, s’adaptant parfaitement au texte, entre neige, brouillard et nuit sauvage. Entre nature et sentiments, un album à ne pas manquer.






Une vie d'oiseau décrit la vie d'un martinet noir et de sa famille pendant un an. Depuis dix ans, un couple de martinets niche sous le toit de Nicole de Cock, l'auteure. Elle y a installé une petite caméra pour les étudier et a réuni ses observations dans ce livre.

                                                            Auteur : Nicole de Cock; circonflexe; 2012

Le mâle raconte leur migration en Afrique dès la fin de l'été, où ils y passeront tout l'hiver, leur manière de se nourrir, de dormir et de s'accoupler ...le tout dans dans les airs ! Puis vient le retour du printemps l'année suivante, la confection du nid pour la naissance des petits  « toujours au même endroit ».





Pleines de poésie et de douceur, les illustrations de Nicole de Cok retranscrivent admirablement la beauté de la nature et des oiseaux.  L'histoire de ce passereau est complétée par des informations sur la vie des martinets en général et leur migration.






Drôle d'oiseau, réalisé par le génie du pop up Philippe Ug (Hugger), conte l'histoire d'un petit oiseau. Les décors ciselés dessinent avec beaucoup de poésie et de tendresse la naissance d'un oisillon, ses "premiers pas" puis son envol à la découverte du monde. C 'est véritablement un feu d'artifice aux couleurs éclatantes qui jaillit de cet album, dont les prouesses techniques ne peuvent que nous laisser pantois !

Auteur : Philipp Ug; Editeur : Les Grandes personnes; 2011









Albums ayant les oiseaux pour support:


Dédié « à tous les petits derniers qui prennent leur temps pour grandir », Moi d’abord de Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo est un album plein d'humour saupoudré d'un zeste d'impertinence.

C'est l'histoire d'un caneton qui veut toujours être le premier. Quand maman canne propose une promenade, une partie de pêche (aux canards, bien sûr) ou une baignade ..."Moi d'abord, moi d'abord" cancane l'insupportable palmipède en envoyant au tapis toute sa fratrie.
"Aussi, quand il entend crier "A table !", ce n'est évidemment qu'un cri ...mais à trop se précipiter on a quelque fois de bien mauvaises surprises !"

                  Auteur : Michaël Escoffier; Illustrateur : Kris Di Giacomo ; Editeur : frimousse Eds; 2000

Les parents y voient un reflet amusant de leur vie quotidienne, rythmée par les chamailleries de leur  progéniture ; quant aux petits derniers, pour l’avoir testé, ils s’identifient complètement à ce vilain petit canard et un simple « moi d’abord » les font réfléchir le sourire aux lèvres à ce qu’ils sont en train de faire…








Auteur : Léo Timmers; Editeur : Milan jeunesse; 2009; Album dès 3 ans











Dans Je veux qu’on m’aime de Léo Timmers, pas facile d’être aimé quand on est un « oiseau de malheur », noir de la tête aux pieds et qui fait peur à tout le monde…c’est ainsi que pour devenir l’ami d’une mésange, d’un pinson et d’une perruche, un grand corbeau décide de se travestir pour leur ressembler …Mais quelques pots de peinture plus tard,  le résultat n’est pas du tout celui escompté  … rassurez-vous, tout finira bien !


Des illustrations "à la pixar" très réussies pour un bel album, drôle et efficace, qui plait beaucoup aux enfants,  leur permettant de questionner au passage la façon dont on perçoit les gens autour de soi, dont on les juge à travers leurs seules apparences…








Toujours pour les plus jeunes, Chouette, chouette, chouette de Coralie Saudo.

« Petit Lapin enrage, dix chouettes en pleine forme font décidément beaucoup trop de bruits pour passer une bonne nuit ! Comment réussir à les faire taire ? Petit Lapin est-il assez malin pour arrêter ce tintouin ? »



Auteur-illustrateur : Coralie Saudo; Editeur :Naïve; 2010; Album dès 3 ans




Un album que je vais rapidement offrir à mon petit dernier qui n’a absolument AUCUN RESPECT pour le sommeil de ses pauvres parents !!!

« Dix chouettes, sur un arbre haut perchées, chantaient à tue-tête sous le ciel étoilé : Nous, les gardiennes de nuit, veillons la forêt endormie. La lune brille, les étoiles scintillent, Chouette, chouette, chouette ! Nous sommes tranquilles ! »
Sur des paroles entraînantes à la manière d’une comptine, Coralie Saudo donne vie à des petits galets de formes diverses : ronds pour les chouettes et les étoiles, allongés pour les branches de l’arbre, convexe pour le lapin,…le tout minutieusement peints.
Elle nous raconte l’histoire de Petit Lapin qui aimerait bien dormir, mais ne trouve pas le sommeil à cause des dix chouettes qui hululent. Il décide alors de ruser pour qu’elles s’en aillent... Mais il doit s’y reprendre à plusieurs fois, car elles ne sont pas toutes sensibles à la même chose (certaines sont gourmandes, d’autres coquettes,… !)



Qu’à cela ne tienne ! Petit Lapin est obstiné et au fur et à mesure, toutes les chouettes s’envolent. Une chouette, deux chouettes s’envolent, trois, quatre, cinq…(une façon ludique au passage d’apprendre à soustraire)…
Mais quand petit lapin pense enfin être tranquille, c’est un autre chant qui retentit…
Pour ceux qui apprécient les petits galets de Coralie Saudo mais préféreraient un univers moins nocturne et plus coloré,voici  Tout seul sur un texte pertinent de Géraldine Collet
Auteure : Géraldine Collet; Illustratrice: Coralie Saudo; Editeur : Les 400 coups Eds; 2010; dès 3 ans
Que font les poussins quand leurs mamans sont parties chercher du grain ? Cèdent-ils à la peur d'être seuls ou se réchauffent-ils le cœur ?"
Au début, "tout seul" est considéré comme un fardeau, mais pour finir, "tout seul" signifie une compétence et une façon de gagner en autonomie !





















« Casser sa coquille, cueillir des baies, nager, chanter, grimper, pêcher et, surtout, voler : telles sont les choses que tous les oiseaux réussissent parfaitement à faire sauf un. »


Auteur : Satoe Tone; Editeur : Campass; 2010; Album dès 3 ans


Avec Je peux le faire, Satoe Tone, jeune illustratrice japonaise, consacre son premier ouvrage à un récit initiatique. Celui d’un oiseau qui malgré tous ses efforts ne parvient pas à s’adapter à sa propre condition et à vivre comme tous les autres oiseaux. Il finira par trouver son propre chemin, en prodiguant l’amour et l’hospitalité à ceux qui en ont besoin. Avec légèreté et douceur, Satoe Tone nous parle de différence et de handicap.

Le triomphe final n’est pas celui de l’exaltation de la beauté comme dans le conte du Vilain petit canard d’Andersen mais bel et bien celui de la faculté d’aimer et de donner.
Les illustrations à l’acrylique, d’une extrême finesse provoquent, en dépit du mauvais sort qui s’abat sur cet oiseau, une sérénité qui forge l’espoir.











Pour les petits et grands fans de mangas (avec une pensée particulière pour le meilleur ami de ma petite fille), voici L'oiseau rouge de Céline Lavignette-Ammoun et Nancy Zhang.

La petite Shizuka vient de déménager avec sa famille. Ne connaissant personne, elle appréhende la rentrée des classes. Elle prend l'habitude d'aller se promener à l'ombre des cerisiers, après les cours. C'est là qu'elle fait le voeu de trouver une amie pour rapidement combler sa solitude. "Joli pétale blanc, danse en virevoltant et reviens-moi fleuri, pour m'offrir une amie !". Un jour, elle recueille un oiseau rouge blessé qu’elle soigne. Shizuka voit alors son souhait se réaliser ; en revenant, le lendemain dans la clairière, Akiko, une mystérieuse jeune fille , vêtue un magnifique kimono rouge l’attend. C’est le début d’une belle amitié ….
Auteur :Céline Lavignette-Ammoun ; illustrateur :Nancy Zhang; Editeur : Nobi Nobi; 2010

Ce magnifique album n'est pas à proprement parler un manga mais en reprend admirablement les codes : explosition de couleurs, personnages expressifs et toujours en mouvement, uniformes et costumes traditionnels japonais...Le tout nous offre un portrait contrasté d’une société déchirée entre une culture traditionnelle encore très ancrée et la modernité galopante, ainsi qu’une réflexion sur l’impact de l’homme sur la nature …



Signalons à la fin de l’album un très agréable bonus, comprenant des croquis et recherches graphiques permettant aux lecteurs de mieux comprendre l’élaboration d’un album ainsi qu’une explication des quelques termes japonais employés dans le texte.


Citons dans le même esprit et du même éditeur Nobi Nobi  , Le secret de la grue blanche de Christelle Huet-Gomez et de Ein Lee









 
Dans un univers urbain : La rue qui ne se traverse pas d’Henri Meunier et Régis Lejonc.
«Elle habitait au coeur de la rue qui ne se traverse pas, fenêtre sur rue. Lui vivait juste en face, fenêtre sur elle. Entre eux deux, il y avait le vide. Entre eux deux, il y avait le royaume délicieux et gai des moineaux. »



Cet album parle des sentiments de deux êtres que tout sépare, la rue qui ne se traverse pas bien sûr, mais pas seulement.
ELLE, dont on ne sait presque rien, mais dont on devine la douceur, aime les oiseaux et LUI pas.
LUI, dont on ne sait guère plus de chose, si ce n’est que sa fenêtre donne sur Elle …de l’autre côté du grand vide de la rue qu’on ne traverse pas, magnifiquement représentée par les illustrations vertigineuses de cet album tout en hauteur… LUI donc, rêve de ce à quoi rêvent les oiseaux, ELLE pas.
Auteur :Henri Meunier; Illustrateur : Régis Lejonc ; Editions Notari; 2011; album à partir de 8 ans


 

Un amour peut-il exister par delà ce gouffre apparent ? Il semble se frayer un chemin dont seuls les moineaux connaissent le secret. Ils ignorent, eux que la rue ne se traverse pas. Ils volent libres de l’une à l’autre des fenêtres qui se font face. Et …peu à peu comme formant un pont vers le possible, ils deviennent les messagers d’une idylle naissante  … et peut être les artisans d’un rêve : une rencontre de soi, une rencontre de l’autre ?!
Auteur comme illustrateur jouent admirablement bien entre l’imaginaire et la réalité nous faisant prendre conscience que chacun d’entre nous évolue dans un monde bien réel nourri à chaque moment de notre propre subjectivité et de notre imaginaire.







Gilles Bachelet, quant à lui, part d’une affirmation : Il n’y a pas d’autruches dans les contes de fées. Eh oui, c’est vrai ça, aucune princesse n’a eu le plaisir d’embrasser un prince transformé en autruche par messieurs Grimm, Perrault ou Andersen … aucun enfant n’a eu le loisir de rencontrer, au détour d’un chemin, dans la forêt profonde, une autruche …aucun prince n’est jamais arrivé, fier, délivrer sa belle, sur sa fidèle autruche, …


Auteur : Gilles Bachelet; Editeur : Seuil; 2008; Album à partir de 8 ans

Page par page, conte par conte, Gilles Bachelet s'emploie donc à tenter de redorer le blason de cet animal boudé pendant tout ce temps. Mais malheureusement, il faut bien le dire, malgré tous ses efforts, preuves dessinées à l’appui,  l’autruche est toujours aussi ridicule, la pauvre !



L’auteur doit bien avouer qu’en "Petite autruche aux allumettes", on voit quand même que "L’autruche n’a pas inventé la poudre". Pourrait-on imaginer « L’autruche au bois dormant » ? Non, parce qu’elle ronfle et a les pieds qui dépassent du lit. Et même en "Merveilleuse autruche de Nils Holgersson", y’a rien à faire, elle ne vole pas ; déguisée en "Vilaine petite autruche", force est de constater qu’elle ne nage pas (encore une victoire de canard !) …


Cet album plein d’humour est à partager entre enfants et adultes. On s’amuse à retrouver les contes d’origine que revisite l’autruche. Conseillé à partir de 4-5 ans, je dirais que toute la force de ce livre réside dans le second degré que les plus âgés apprécieront certainement plus facilement.



Vous l'avez compris la littérature jeunesse regorge d'albums sur les oiseaux. Cette sélection est loin d'être exhaustive. Maman de 3 enfants, tata de 12 adorables neuveux et nièces, marraine de 3 loupiots, copine d'un certain nombre de mamans dans mon cas et dont je vois grandir les petits marmots,... ce qui a guidé mes choix ce sont ces enfants que j'embrasse affectueusement ... A chaque album, correspond le caractère ou le centre d'intérêt d'un enfant de mon entourage (à ce propos, désolé Arthur, mais je n'ai pas trouvé d'album sur les oiseaux des marécages puants ...mais l'autruche ne devrait pas te déplaire )










Je laisse la conclusion à Alain Serres qui dans les Oiseaux ont des ailes, les enfants ont des livres dit :

Auteur : Alain Serres; Illustrateur : Lucile Placin; Editeur : Rue du monde Eds; 2011











AUJOURD'HUI, C'EST MERCREDI :

Pour célébrer l'arrivée du printemps, profitons des petites cabanes observatoires qui jalonnent les lacs. D'abord, le silence ...dur, dur pour des enfants, surtout pour les miens, il faut bien l'avouer ! Petits à petits, ils se laissent envahir par le coassement des grenouilles, un vrai tintamare ...puis la magie opère, le reflet du soleil sur l'eau lisse, de petites bouffées de vent frais et ...les voilà :





Et pour prolonger ces instants aussi magiques que fragiles, un peu de bricolage. Grâce au maître de Grande section de ma petite fille qui lui a communiqué sa passion des oiseaux.
Il a réalisé une multitude de petites maquettes en papier d'oiseaux de nos jardins, qu'elle s'est amusée à peindre avec l'aide de ses frères... C'est ainsi que chardonneret élégant, verdier, mésange bleue, bouvreuil pivoine , sitelle,... volent maintenant au-dessus de son lit, un peu à la manière des capteurs de rêves... 




      Si les oiseaux vous inspirent ou inspirent vos enfants, n'hésitez pas à prendre votre plume pour nous le dire ...